L’homme d’Etat Béninois et Africain : un parcours politique promouvant la justice et le développement

1/ Des postes de premier plan au sein du gouvernement Béninois et plusieurs actions au bénéfice des Africains

Dès 1958, Albert Tévoédjré retourne au Dahomey, aujourd’hui Bénin, où il intègre l’Union générale des travailleurs du Dahomey et réussi à se faire élire secrétaire général du syndicat des enseignants. A l’indépendance du pays, il est nommé secrétaire général-adjoint du Rassemblement Démocratique Dahoméen (RDD) puis secrétaire administratif du Parti Dahoméen de l’Unité (PDU) fruit de la fusion de plusieurs autres partis.

Nommé peu de temps après secrétaire d’Etat chargé de l’information, il crée l’Agence dahoméenne de presse et permet ainsi le développement des moyens de communication et des médias sur l’ensemble du territoire de son pays natal.

Secrétaire Général de l’UAM

Sa carrière internationale débutera en Novembre 1961, lorsqu’il est élu pour une courte période secrétaire général de l’Union Africaine et Malgache (UAM), poste qu’il occupera deux ans, qui lui permettra de rencontrer de nombreux chefs d’Etats Africains et de faire ses premiers pas dans le monde du multilatéralisme et de la diplomatie internationale.

En 1990, lors de la conférence nationale des forces vives de la nation Béninoise, il tient le rôle de rapporteur, et sera ainsi l’un des pivots du passage d’un régime Trotskyste-léniniste à parti unique à un régime démocratique d’économie libérale pour son pays.

En 1991, il rejoint le Haut Conseil de la République, et est élu député à l’assemblée nationale jusqu’en mars 1996.

L’Initiative Humanitaire Africaine

En Juin 1993, à la suite d’un colloque international organisé par le Centre Panafricain de Prospective Sociale qu’il dirige, l’Initiative Humanitaire Africaine (IHA) est présentée au sommet des chefs d’Etat Africains au Caire, où elle sera vivement encouragée et approuvée, le CPPS étant chargé de la mettre en application. L’objectif était de venir en assistance aux réfugiés victimes de la crise au Burundi qui était à l’époque d’actualité et représentait des dizaines de milliers de personnes. Il s’agissait de travailler avec des Africains, pour des Africains, et de faire collaborer l’IHA via le CPPS avec les ONG présentes au Burundi en fournissant à ces dernières des médecins, des docteurs et des nutritionnistes qu’elle put répartir par la suite dans différents camps de réfugiés entre le Rwanda et le Burundi. Au plus fort de la crise régionale de 1993-1994 qui s’est muée du Burundi au Rwanda, opposant les Hutus et les Tutsis, 9 médecins constituaient l’équipe de l’IHA, au cœur des massacres ; « ce qu’ils ont eu à affronter à l’hôpital s’apparente plus à des scènes cauchemardesques et surréalistes qu’à de la médecine proprement dite ». Le 4 Mai 1994, avec la nouvelle guerre éclatant au Rwanda, les possibilités d’actions sont réactualisées, mais cette première grande action humanitaire posera, déjà à l’époque, la marque du CPPS d’Albert Tévoédjrè ; lancer des actions au plus proche des populations, répondre aux besoins prioritaires, en passant par des acteurs et des organismes implantés dans les régions d’intervention, aux compétences reconnues.

Des responsabilités ministérielles

Le 14 Avril 1998, le professeur Tévoédjrè est nommé ministre « du plan, de la restructuration économique et de la promotion de l’emploi » et exercera le rôle de président par intérim, étant délégataire des pouvoirs incombant au chef de l’Etat lors des absences de celui-ci. Il assurera de telles fonctions jusqu’en Juin de l’année suivante, avant de rejoindre à nouveau les Nations Unies.

 

Le Médiateur de la République

En 2006 il est nommé par le président de la république béninoise de l’époque, Monsieur Thomas Boni Yayi, premier médiateur de la république jusqu’en 2013, année où il démissionne volontairement de ce poste un an avant terme, pour se consacrer à sa nouvelle vie spirituelle en tant que « frère Melchior », membre honoraire de la Société des Missions Africaines (SMA). Néanmoins il conservera le titre de médiateur émérite de l’Association des Médiateurs et Pays Membres de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africaine (AMP/UEMOA).

2/ Du Bureau International du Travail à l’Organisation des Nations unies : une carrière internationale au service de la paix et des Droits de l’Homme.

Une longue expérience à l’OIT

En 1965, Albert Tévoédjré rentre au Bureau International du Travail (International Labor Office, ILO), le secrétariat permanent de l’Organisation Internationale du Travail en tant qu’« expert en planification de la main d’œuvre ». Son implication et ses capacités lui permettent de gravir rapidement les échelons ; il devient coordinateur régional pour l’Afrique en 1966 puis Sous-directeur général du BIT en 1969.

En 1974, il est finalement nommé Directeur général adjoint du secrétariat permanent de l’OIT, qu’il quittera en 1983.

Au cours de ces différents postes, il s’est plus particulièrement consacré à l’amélioration des conditions d’exercice de métier et de vie des travailleurs, à la mise en avant des institutions sociales, la promotion de l’association internationale de sécurité sociale et à la législation concernant les travailleurs migrants.

Des rôles clés au sein de l’ONU

Dès le 1er juillet 1999, Albert Tévoédjrè s’est vu confier une lourde charge pour le développement économique et social, en tant que coordinateur en charge du projet du millenium pour l’Afrique, projet piloté par une commission indépendante rattachée aux Nations unies.

Au nom du Centre Panafricain de Prospective Sociale qu’il dirige, le Dr Tévoédjrè, qui suit de près les événements de 2002 qui secouent la Côte d’Ivoire plongeant progressivement le pays dans la guerre civile, lance un appel des intellectuels Africains pour la paix, signé par « de très nombreuses personnalités de premier plan ». Il organise du 27 au 29 décembre 2002 à Cotonou un colloque, en partenariat avec le Collectif de la Société Civile pour la Paix en Côte d’Ivoire, dont l’objectif est de « proposer une démarche de raison, de respect mutuel et de développement solidaire dans un Etat de droit ».

Au centre d’actions majeures en faveur d’un dialogue de paix pour une résolution à la crise Ivoirienne, il est nommé représentant spécial du Secrétaire Général des Nations Unies pour la Côte d’Ivoire, et honorera brillamment cette nomination en organisant activement la fin des hostilités et le retour à une situation stable dans le pays.

Ses engagements au cœur du multilatéralisme pour la promotion de la paix, des Droits de l’Homme et du développement économique et social se poursuivent puisqu’il sera également collaborateur au programme commun des Nations Unies sur le VIH (ONU SIDA), notamment en tant que spécialiste des dimensions culturelles et socio-politiques de la pandémie du sida. Il œuvrera également en faveur de la promotion des droits humains à travers son soutien à des campagnes et des programmes d’amélioration des conditions de vie et de détention des prisonniers, ainsi que de promotion des droits de la femme et de l’enfant.

Un citoyen universel

En récompense pour l’ensemble de son œuvre pour la paix et la promotion des Droits de l’Homme, la fondation EMMAÜS lui a remis l’un des premiers passeports de citoyenneté Universelle, dans le cadre de la mise en place de l’Organisation pour une Citoyenneté Universelle (OCU). La remise officielle de ce passeport s’est faite au sein du siège de l’UNESCO à Paris, le 23 Mai 2013.

Au cours de sa longue et brillante carrière, le Professeur et Docteur Albert Tévoédjrè s’est illustré comme une figure africaine de la promotion des valeurs de la paix, des Droits de l’Homme et du développement économique et social, auprès du plus grand nombre et aux côtés des minorités.

Il a œuvré à la fois pour l’évolution des cadres légaux à l’échelle nationale et internationale, pour la résolution des conflits mais également pour leur prévention par le dialogue, et à titre personnel, pour la tolérance religieuse et culturelle.

L’ensemble des combats qu’a dignement menés Albert Tévoédjrè pour faire triompher les principes et valeurs qu’il chérit sont concentrés dans le projet qu’il développe depuis près de 3 ans ; l’Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel.