Le Professeur Albert TEVOEDJRE, l'homme, le chercheur, l'auteur

Le Professeur Albert TEVOEDJRE

  • Commandeur de la Légion d’Honneur
  • Médaillé de l’Ordre des Palmes Académiques
  • Docteur ès sciences économiques et sociales
  • Coordinateur du Projet « Millénaire pour l’Afrique »
  • Représentant spécial du Secrétaire général de l’ONU
  • pour la Côte d’Ivoire (2003-2005)
  • Médiateur de la République du Bénin (2006-2013)
  • Citoyen universel (23 mai 2013)
« Au long de sa vie, le professeur Albert Tévoédjrè s’est battu pour un monde nouveau. (…) Par son enseignement émérite dispensé dans de nombreuses universités du monde entier, par ses multiples articles et ouvrages, par ses engagements politiques transafricains, par ses combats syndicaux, nationaux et internationaux, par sa présence et sa contribution au fonctionnement d’organisations internationales, l’auteur du célèbre essai La pauvreté, richesses des peuples a suivi un parcours exceptionnel et fécond, porteur de préceptes toujours d’actualité. (…) Il contribue sans relâche à une meilleure compréhension et à un dialogue renforcé entre les individus et entre les peuples, afin de favoriser une société pacifiée »
Kofi ANNAN
Prix Nobel de la Paix, Ancien Secrétaire Général des Nations Unies (1996-2006).

Natif du Dahomey (actuel Bénin), Albert Tévoédjré a très tôt manifesté des aptitudes particulières pour les sciences sociales, l’enseignement altruiste et l’engagement militant contre les injustices.

D’un parcours de vie à une vocation panafricaine.

A l’apogée d’une immense carrière et d’une longue vie au service de l’humanité et du bien commun, défendant tout au long de ses missions et de son parcours la paix et l’égalité entre les Hommes, Albert Tévoédjré s’inscrit sans conteste comme l’un des hommes les plus dévoués et altruistes du monde contemporain.

Originaire du continent Africain dont il a toujours été un grand défenseur et promoteur, brillant homme d’Etat Béninois progressiste, chercheur émérite en sciences sociales et Catholique fervent promoteur de la communication entre les cultes, il s’est fait héraut et défenseur des Droits de l’Homme au cours d’une longue carrière au sein de l’Organisation Internationale du Travail.

Il a également servi la cause de l’Organisation des Nations unies en tant que représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies pour accompagner la sortie de crise en Côte d’Ivoire (2003-2005) et ainsi ramener la paix en Afrique de l’Ouest, terminant son parcours professionnel en tant que Médiateur de la République du Bénin (2006-2013).

Grâce à son influence, au réseau international qu’il a pu constituer en promouvant la paix et les Droits de l’Homme, et avec l’appui du Centre Panafricain de Prospective Sociale dont il est le fondateur et président, le professeur Albert Tévoédjré a lancé depuis 2015 les bases d’un ambitieux dialogue interconfessionnel et multiculturel.

L’objectif de ce dialogue est de parvenir à une prévention des conflits, une coexistence pacifique de l’ensemble des individus, et d’encourager le développement à la fois économique et social.

A présent en pleine concrétisation, ce projet s’est mué en « l’Initiative africaine d’éducation à la paix et au développement par le dialogue interreligieux et interculturel », et le Professeur Tévoédjré ainsi que l’ensemble de ses soutiens œuvrent quotidiennement pour sa mise en œuvre.

L’homme, le chercheur et l’auteur

Natif du Dahomey (actuel Bénin), Albert Tévoédjré a très tôt manifesté des aptitudes particulières pour les sciences sociales, l’enseignement altruiste et l’engagement militant contre les injustices.

1/ L’enfance du « Renard de Djregbé »

Né à Porto-Novo le 10 Novembre 1929, Albert Tévoédjré grandit au sein d’une famille de 7 enfants dont il recevra une éducation Catholique, son père étant catéchiste et sa mère « fille des sœurs ». Il débute sa scolarité à l’école Saint-Joseph de Porto-Novo et intègre le séminaire Saint-Gall de Ouidah à l’âge de 12 ans.

L’un de ses formateurs de l’époque, Monseigneur Parisot, dira de lui « ce jeune homme est un renard. Si j’étais chef d’Etat, j’en ferais un diplomate ». Des propos incroyablement prophétiques au vu de l’exceptionnel parcours de celui que l’on surnommera par la suite le « Renard de Djregbé ».

Surnommé Bossuet du fait de son amour pour la littérature classique, il s’expatrie dès sa jeunesse et continue son brillant parcours au lycée Van Vollenhoven, à Dakar (alors capitale de l’Afrique Occidentale Française), avant d’intégrer l’Institut des Hautes Etudes où il décrochera un certificat de « propédeutique-lettres » en 1953.

Cette même année, il se marie avec Madame Isabelle Ekué, future militante contre le fléau de l’excision, avec qui il aura trois enfants, et il devient professeur adjoint au sein du lycée Maurice Delafosse de Dakar.

2/ Education supérieure, enseignement et militantisme

L’obtention d’une bourse d’étude permet au couple Tévoédjrè de poursuivre leurs études à Toulouse, ou Albert devient titulaire d’une licence d’histoire-géographie ainsi que d’un certificat d’études supérieures d’histoire coloniale. Après l’obtention de ces diplômes, l’homme est affecté en qualité d’enseignant à l’école normale d’institutrices de Cahors en France.

Parallèlement à ses études, Albert Tévoédjrè milite au sein de l’Union des Etudiants Catholiques Africains (UECA) et de la Fédération des Etudiants d’Afrique Noire en France (FEANF , 1951-1980) dont il  deviendra le Secrétaire Général adjoint et rédacteur en chef du journal « l’Etudiant d’Afrique Noire ».

Refusant l’humiliation, défenseur de la justice et du respect de la dignité humaine, contre toute forme d’oppression et convaincu de l’importance d’une Afrique indépendante et unie, il s’associe –entre autres- à Joseph Ki-Zerbo et Jean Pliya pour fonder le Mouvement de Libération Nationale (MLN). Ce mouvement prônant une indépendance politique totale et complète de l’ensemble des Etats Africains, Il y met en place ses trois valeurs phares : indépendance, Etats-Unis d’Afrique, et socialisme adapté aux réalités Africaines. Il soutient indéfectiblement l’idée d’Etats africains indépendants, et contribue au développement du mouvement panafricaniste.

3/ Des recherches en sciences sociales au service du développement international

Tout en menant des activités diplomatiques au sein de l’Union Africaine et Malgache, Albert Tévoédjré s’adonne pleinement à la recherche universitaire à l’université de Fribourg, en Suisse, en y soutenant une thèse de doctorat en économie et sciences sociales sur le thème de « la formation des cadres Africains en vue de la croissance économique », qu’il publiera en 1965.

Reconnu rapidement pour la qualité et la pertinence de ses travaux, celui que l’on pouvait désormais appeler Docteur Tévoédjré dirige des séminaires à Georgetown, Washington DC, ainsi qu’à

l’Institut des hautes études internationales de Genève. L’apogée de sa carrière universitaire aura lieu au sein de l’une des meilleures universités du monde, Harvard, où il sera chargé de recherche et où il publiera « Pan Africanism in Action-an account of the UAM » en 1965.

A côté de sa carrière politique et professionnelle, il publiera de nombreux ouvrages qui accompagneront souvent les grandes réformes et politiques publiques qu’il menait tantôt au sein de l’Organisation Internationale du Travail, tantôt pour le compte du Centre Panafricain de Prospective Sociale.

Le professeur est le fondateur de l’Association Mondiale de Prospective Sociale (AMPS) qu’il créé à la suite du colloque mondial des Nations unies sur les implications sociales d’un nouvel ordre économique mondial, en 1976, à la fois en vertu de ses fonctions de directeur général adjoint du Bureau International du Travail et de dirigeant de l’Institut international d’études sociales.

Il lancera dans cette même perspective, une décennie plus tard en 1987 à Porto Novo, le Centre Panafricain de Prospective Sociale (CPPS) dont le but est de penser, mettre en place et appliquer des grands programmes de politiques publiques en matière de développement social et économique à travers l’ensemble du continent Africain.

Le CPPS naitra d’un accord de siège entre le gouvernement Béninois et l’Association Mondiale de Prospective Sociale. Le Professeur s’illustre ainsi comme un élément moteur pour la recherche et encourage ainsi les progrès économiques, politiques et sociaux sur l’ensemble du continent Africain, en tant que président-fondateur du CPPS.

 

Ouvrages et publications d’Albert Tévoédjré :

  • « L’Afrique Révoltée», Présence Africaine, 1958
  • « Vaincre l’humiliation, Rapport de la Commission Indépendante sur l’Afrique et les enjeux du 3e millénaire» Karthala, 2002
  • « La Formation des Cadres Africains en vue de la croissance économique » (thèse de doctorat), 1965
  • « La Pauvreté Richesse des Peuples», Les Editions Ouvrières, 1977
  • « Défis pour la PME africaine : promouvoir l’homme, servir le développement », UNIAPAC, 1983
  • « Lettre ouverte aux pauvres d’Afrique», Akpagron, 1983,
  • « Mes Certitudes d’Espérance», Les Editions Ouvrières, 1984,
  • « L’explosion urbaine : chaos ou maîtrise», Berger-Levrault et Association mondiale de prospective sociale, 1985,
  • « Albert Tévoédjré, Compagnon d’Aventure», 1988,
  • « Pan-Africanism in Action, an account of the UAM», Cambridge Center For International Affairs,
  • « Le bonheur de servir», L’Archipel, 2009.
  • « Le Manifeste du cinquantenaire», Secrétariat du Symposium international sur le cinquantenaire des indépendances africaines, 2010
  • « La réforme de l’Etat au Bénin : état de la réforme…et perspectives : actes du colloque national des 18 & 19 juin 2013», Centre des publications universitaires d’Abomey-Calavi, 2013
     

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